mercredi 27 janvier 2010

Michel Onfray : Qu'est-ce que la tragédie ?

Voici un extrait de l'un des cours que Michel Onfray donne gratuitement depuis 8 ans, au sein de son université populaire de Caen.
Beaucoup de gens n'aiment pas Michel Onfray, c'est bon signe, à n'en point douter !
Il enseigne une passionnante contre-histoire de la philosophie.
J'ai écouté tous ses cours avec un grand plaisir sur France Culture. Et c'est en l'écoutant que j'ai eu envie de lire Nietzsche (et je ne m'en suis toujours pas remis).
Je l'ai rencontré un soir de mai 2008, à Argentan et je l'ai trouve très sympathique. Michel Onfray est un athée et un révolté ? Oui, comme tous ceux qui aiment trop les gens...

J'ai choisi cet extrait dans lequel il donne sa définition de la tragédie.

    L'étymologie de tragédie suppose que l’on sacrifie le bouc. Cela renvoie au théâtre grec qui suppose la purification, la catharsis.
    Il y a, dans le temple de Delphes, un oratoire consacré à Esculape, le dieu de la médecine, où on pratique une médecine extraordinaire. On sacrifie des animaux, les fameux boucs, et d’autres animaux aussi. On dépèce ces animaux. On met les peaux dans des pièces et les gens, qui viennent pour se faire soigner, dorment dans ces pièces sur les peaux des animaux sacrifiés. Il y a des cérémonies bachiques. On chante, on crie. Il y a du thermalisme, d’une certaine manière. Et puis, il y a du théâtre. Il y a une fonction thérapeutique au théâtre. Tragédie et comédie. On a des affects. Il faut s’en purifier avec de la tragédie, c'est-à-dire qu’il s’agit de jouer quelque chose qui sera douloureux, donc du crime, de l’inceste, du parricide, tout ce qu’on trouve chez les tragédiens, Eschyle, Sophocle, Euripide.

    La catharsis, donc la purification, permet la terreur et la pitié, souligne Aristote. Quand vous avez joué de terreur et de pitié, que vous avez fait de la tragédie l’occasion d’une purification, une catharsis de vous-même, alors vous recouvrez la santé.

    Le théâtre, c’est l’occasion de scénographier des corps, mais aussi de décrire des passions, des pulsions. Quand on les aura vécues, sur le mode de la mise à distance, de la scène, on pourra s’en préserver. On pourra s’en dispenser de les vivre au quotidien. C’était vaguement la pensée grecque sur ce sujet.
    L’expression « c’est tragique ! » que l’on utilise aujourd’hui vient du théâtre grec.

    Qu’est-ce que le tragique ?
    C’est ce qui se trouve à égale distance de l’optimisme et du pessimisme. L’optimiste voit le meilleur partout et le pessimiste voit le pire partout. C’est le fameux verre, à moitié plein ou à moitié vide. Cela dépend si c’est de l’huile de ricin ou un château Yquem . Votre verre, à demi rempli, est à demi plein ou à demi vide. On est dans une subjectivité absolue. Le tragique, c’est celui qui n’est, ni optimiste, ni pessimiste, mais voit le réel comme il est. C’est la définition que j’en donnerais. Un grand philosophe d’aujourd’hui, Clément Rosset, aborde cette question du tragique, sans que je défende les mêmes options sur le sujet. Le tragique, c’est celui qui tache de congédier, de conjurer les arrières mondes. C’est celui qui voit la mort, qui voit la douleur, l’entropie, la négativité, la souffrance.

    Le philosophe tragique, c’est celui qui dit : «Tout cela est vrai, mais tout cela est faux.».

    Le réel est tragique parce qu’il y a de l’inscription dans le temps, parce que nous sommes dans le temps, et que cela suppose, ce qu’en thermodynamique, on appelle de l’entropie, c'est-à-dire de l’usure, à force de fonctionner.
    Un fonctionnement induit une usure, puis une disparition. C’est l’entropie.
    Cela nous concerne aussi. Nous sommes marqués par l’entropie. Nous vivons, et vivre, c’est un peu mourir chaque jour, tout le temps. Et nous allons vers cette mort-là. Le tragique, c’est celui qui voit cela. Il dit :«Le réel est marqué par l’entropie. Il est marqué par la négativité. Il est marqué par la souffrance. »
    Mais il ajoute : «Il n’y a pas que cela. Le monde ne se réduit pas à cela. Il y a d’autres choses aussi, dans le réel.»
    Il s’agit de composer avec cela. Le tragique tache de voir le réel en face, et accepte de voir que la mort est là. On ne va quand même pas s’exciter là dessus et passer sa vie sur la mort.

    Je pense que Montaigne est un philosophe tragique, il propose une sagesse tragique. Le tragique dit : « Puisque nous allons mourir, il faut l’accepter, ne pas pratiquer le déni, ne pas dire que la mort, n’est pas la mort, ou que la mort est autre chose que la mort. La mort existe. C’est la fin, la disparition, l’abolition de tout ce qui est vivant. Alors, à partir de ce soubassement, il s’agit de fabriquer une philosophie qui nous permettra de vivre en attendant.»

    Cette philosophie qui permet de vivre « en attendant» est soit le démonisme ou soit l’hédonisme . Le démonisme permet d’identifier le souverain bien au bonheur alors que l’hédonisme identifie le souverain bien au plaisir.
    Plaisir et bonheur ne sont pas exactement la même chose. Cela entretient une parenté. L’hédonisme est un eudémonisme plus violent. L’eudémonisme serait un hédonisme plus doux. Seule une philosophie tragique rend possible l’émergence de l’hédonisme ou de l’eudémonisme.

    Ces sagesses sont d’actualité. Bouddha procède comme cela. Quand on l’a confiné dans son espace et qu’il en sort un jour, il découvre de la douleur, de la souffrance, de la misère, de la vieillesse. Il se demande : «C’est cela la vie ? Ce n’est pas possible ! »
    Pour vivre avec sagesse dans cette négativité, il va fabriquer la philosophie bouddhique que nous connaissons, c'est-à-dire la libération des désirs, des pulsions, des passions, l’espèce de purification de soi pour se défaire de ce qui est soumis à l’entropie pour pouvoir viser une espèce de réunion du principe lumineux en nous avec la planète entière, qui permet le nirvana, la jouissance de la déprise de soi-même.

    Cette philosophie tragique me semble être le contraire de l’optimisme des Chrétiens ou des religions quelles qu’elles soient. Les religieux sont des optimistes. Ils considèrent qu’il y aurait une écriture de l’Histoire. Ce qu’on appelle la téléologie.
    Cela me semble une philosophie à courte vue, tout comme me semblent à courtes vues, les pensées de Cioran, de Schopenhauer ou de quelques autres qui sont dans la négativité pure, et qui considèrent, à la mode gnostique, car Cioran est un gnostique, qu’il y aurait, dans ce réel, rien à attendre, parce que le monde serait la création d’un mauvais démiurge. Il n’y a donc rien à faire dans un univers dominé par le mal.

    Ni optimiste, ni pessimiste, ni des gnoses de l’entropies, ni des eschatologies, des philosophies de la fin pour nous conduire vers des paradis supposé, mais une philosophie tragique.

    Nietzsche est un tragique. Les stoïciens sont des tragiques. Montaigne est un tragique. Spinoza aussi. Autant d’individus qui nous disent : «Adhérer à la nécessité.»

  
Merci Michel...  

Lucien : De la beauté des femmes...






Encore un dernier extrait de Lucien, ne serait-ce que pour vous prouver que des anciens grecs aimaient les femmes, et que certains les préféraient cultivées...

Que vaut la beauté sans la bonté, l'humanité, et tout ce qui va avec ?

Extrait du dialogue entre Polystrate et Lycinos, dans ''Les Portraits''

Ci-contre, un exemple de la beauté qui fait peur, celle d'une femme avec un masque de beauté à base de chocolat !

Et de fait, comme tu n’es pas sans le savoir, j’accorde à la douceur, à l’humanité, à la générosité, à la culture, la préséance sur la beauté. Sinon, ce serait aussi absurde et ridicule que d’aimer les vêtements plutôt que le corps. Mais la beauté atteint à la perfection quand la vertu morale et le charme physique se rejoignent. Sans doute pourrais-je te citer bien des femmes remarquables sous le rapport de la beauté, mais qui par ailleurs font honte à cette beauté : il suffit qu’elles ouvrent la bouche pour qu’elle perde sa fleur, se fane, car elle souffre de la comparaison, se discrédite en vivant – et elle vaut mieux que cela – avec une maitresse peu recommandable, son âme. Ce genre de femme me fait penser aux sanctuaires égyptiens : dans ce pays, le temple lui-même est très beau et très grand, bâti qu’il est de pierres coûteuses, rehaussé de dorures et de peintures, mais, à l’intérieur, si tu cherches le dieu, tu trouves un singe, un ibis, un bouc ou une chatte. On peut voir beaucoup de femmes qui ressemblent à cela. Eh bien, la beauté ne suffit pas, si elle n’est rehaussée d’honnêtes ornements, non pas, s’entends, d’habits de pourpre et de colliers, mais, comme je l’ai dit tout à l’heure, de vertu, de tempérance, de bonté, d’humanité, et de tout ce qui va avec.


mardi 12 janvier 2010

Lucien de Samosate : Mickey athée ?

Lucien de Samosate : « Le menteur d’inclination, ou l’incrédule. »



Lucien de Samosate, rhéteur et satiriste de Syrie, écrivant en grec, vécu au IIème siècle de notre ère.
Il détestait par-dessus-tout la bêtise et l’hypocrisie, et il savait se moquer cruellement de toutes les croyances de son époque, qu’elles soient philosophiques ou religieuses. Et le deuxième siècle était particulièrement en effervescence de ce coté là…

Je vous conseille de lire ses histoires. Lucien avait beaucoup d’humour et aussi beaucoup d’imagination (il fut le premier à raconter un voyage sur la lune).

En lisant celle-ci, « Le menteur d’inclination, ou l’incrédule. », je me suis rendu compte que Walt Disney l’avait entièrement reprise dans son célèbre film Fantasia pour l’épisode de l’apprenti sorcier, avec Mickey. De là à conclure que ce cher Walt était un athée ayant lu Lucien, je n’ai fait qu’un pas !

Lisez plutôt cet extrait !


36. « Le lendemain, pendant que mon égyptien était occupé sur la place publique, je prends le pilon, je l'habille, je prononce les trois syllabes magiques et je lui ordonne d'aller puiser de l'eau. Il m'en apporte une amphore toute pleine, En voilà assez, » lui dis-je, n'apporte plus d'eau, redeviens pilon.» Mais le voilà qui refuse de m'obéir il continue d'apporter de l'eau et en remplit toute la maison. Je ne savais que faire je craignais que Pancratès ne se fâchât à son retour, ce qui arriva, en effet. Je saisis donc une hache, et je coupe le pilon en deux. Aussitôt chaque morceau de bois prend une amphore et va puiser de l'eau.
Au lieu d'un domestique, j'en avais deux. Sur ces entrefaites, Pancratès revient, devine aisément ce qui s'est passé, et change en bois mes porteurs d'eau, comme ils étaient avant l'enchantement.
Seulement, quelques jours après, il me laisse là. Sans que je m'en aperçoive et sans que j'aie pu savoir ce qu'il était devenu. Et maintenant encore, s'écria Dinomaque, vous savez
donc encore faire un homme d'un pilon ? Oui, vraiment, par Jupiter, dit Eucrate, ou du moins à moitié, car je ne pourrais pas le rappeler à la première forme, et, si j'en faisais un porteur d'eau, je courrais risque de voir ma maison inondée.
37. – Ne cesserez-vous pas, dis-je alors, de raconter des absurdités pareilles, vous, des vieillards? Si vous y tenez, remettez au moins à un autre temps, par égard pour les jeunes gens que voici, le récit de vos histoires incroyables ou effrayantes. Prenez garde de leur remplir la tête, sans le vouloir, de frayeurs et de fables étranges. Ménagez la jeunesse, et ne l'accoutumez pas à de semblables aventures, dont l'impression troublerait, pour tout le reste de la vie, la tranquillité.

L’intégralité de ses œuvres se trouve ici :
Et là :


Une de mes histoires préférées est celle de la mort de Pérégrinos. Les critiques la trouvent trop cruelle. Elle raconte comment le philosophe cynique Pérégrinos, mystique fou de lui-même, organise son suicide spectaculaire comme un ultime spectacle.
Derrière le rire cruel de Lucien, je devine pour ma part, la colère et le désespoir devant tant de folie.
A vous de juger, si le cœur vous en dit : http://bcs.fltr.ucl.ac.be/LUCIEN/Mort.html


PS : Remarquez que je n'ai pas fait un copier-coller de Mickey sur Internet, mais que j'ai pris la peine de le redessiner (pour éviter un procés avec la World Company ?)

samedi 9 janvier 2010

Centre d’analyse stratégique : Changer la société…


Perspectives énergétiques de la France à l'horizon 2020-2050
Rapport de la commission Energie.

Extraits de l’avant propos de Jean Syrota, Président de la commission Énergie



Cette fois, je vais encore un peu plus loin dans ma démonstration, (voir l'article précédent), puisque je vous invite à lire les volumineux rapports qui ont été remis au gouvernement en 2008 par le centre d'analyse stratégique (connaissiez-vous son existence ?).
Je vous conseille la lecture attentive de ces documents afin de mieux prendre conscience de ce qui nous attend dans les prochaines décennies...




Premier extrait de l'avant propos, page 11 :

Le paradigme a changé, depuis que le réchauffement climatique est devenu une réalité établie. À la crise possible, évitable, survenue puis surmontée, récurrente et finalement bénigne, jusqu’à la prochaine, a succédé un nouvel horizon mental, conceptuel, et donc politique
Les hydrocarbures n’ont certes pas cessé de se raréfier, puisque disponibles en quantités finies, soumis aux aléas géostratégiques, comme les autres matières premières. Encore que les phénomènes s’accélèrent et que les horizons de danger paraissent se rapprocher : la croissance de la population mondiale et celle des économies émergentes (en premier lieu de la Chine) vont accroître rapidement la demande mondiale d’énergie, alors que l’on peut s’interroger sur la possibilité de repousser durablement les limites de ces ressources. Pour autant, la date du « peak oil » (moment où l’offre de pétrole commence à décliner) demeure incertaine et il n’est pas sûr qu’il ne survienne pas à cause du déclin de la demande pour d’autres motifs que l’insuffisance de la ressource.

Second extrait, page 13 :

Il faut insister à nouveau sur la nécessité d’un effort massif et constant. Les scénarios que la commission Énergie a étudiés à l’aide de différents modèles donnent tous le même résultat. Une des dimensions commence à être bien connue et acceptée en France et au niveau mondial : la poursuite des errements actuels (scénarios dits « tendanciels ») est le chemin le plus court et le plus certain vers des perspectives de catastrophes mondiales
Aucune correction spontanée n’est envisageable ; il faut agir avec détermination et sans délai, comme le prévoit l’Union européenne pour 2020. L’inaction ne laissera ouverte à terme qu’une alternative : changer de société par la force ou la voir disparaître, plutôt que de choisir aujourd’hui démocratiquement des développements souhaitables et possibles ménageant les intérêts de chacun, et d’abord les libertés – en particulier en matière de propriété et de mobilité. 


L’autre leçon est moins connue et appellera une pédagogie à laquelle les acteurs politiques, mais aussi sociaux, devront d’urgence se livrer : les évolutions vraisemblables de la technique et les efforts raisonnables qu’on peut demander au pays sans compromettre sa croissance ni bouleverser son existence aboutissent, à un horizon de quinze ans, puis en 2050, à un niveau de réduction des gaz à effet de serre à peine égal à celui nécessaire pour nous faire quitter la zone de danger (en escomptant que les autres pays fassent de même).






Les 2 extraits ci-dessous proviennent du volume N°1 (327 pages) : http://www.strategie.gouv.fr/IMG/pdf/Rapport_Energie_synthese_VOLUME_1.pdf





Institut Français du Pétrole : Changer la société…

Institut Français du Pétrole : Changer la société…


Il ne s'agit pas d'un repère "d'horribles gauchistes", mais d'un organisme public. On y parle pourtant"d’un enjeu de civilisation de portée sociale".

Pour vous informer de la crise énergétique, j'aurais pu vous donner un texte extrait d'une ONG ou d'un parti écologiste, mais j'ai choisi de vous proposer celui-ci.

Je suis toujours étonné du décalage qu'il y entre les milieux de ceux qui savent et de ceux qui informent...


A noter que l'IFP a changé de nom en 2010, il s'appelle à présent "IFP Energies nouvelles"... Etonnant non ?

...

Le marché connaîtra sans aucun doute à l’avenir de nouvelles péripéties. Comme pour toute matière première, les décalages entre investissement et fluctuation de la demande crée des cycles haussiers et baissiers. La seule certitude concerne la tendance de fond : elle sera haussière compte tenu de la pression sur les ressources et des besoins des pays en développement.

Une relative stabilité des prix du brut autour du coût des substituts soit environ 100 $/b voire moins, est envisageable sous réserve de maîtriser la croissance de la demande de mobilité, en particulier celle des pays émergents. Il sera à l’avenir essentiel de pouvoir jouer non seulement sur l’offre (biocarburants de deuxième génération, etc.) mais aussi et surtout sur la demande.

Les pays occidentaux, en particulier les États-Unis, doivent se mobiliser pour revoir leur conception du modèle de mobilité qui a reposé au 20e siècle sur un préalable : un pétrole disponible à des prix relativement bas. Accélération du déploiement de véhicules à basse consommation (hybrides, électriques, etc.) voire changement de comportement (transports en commun, location, etc.), sont désormais indispensables pour éviter de nouvelles hausses du prix du brut, voire une explosion à des niveaux très élevés à terme.

Il s’agit d’un enjeu de civilisation de portée sociale, économique (devenir de l’industrie automobile en particulier), environnementale (changement climatique) et géopolitique (course aux ressources). Le défi reste à relever dans un laps de temps très court pour éviter de nouvelles crises.

Compte tenu de l’inertie du système et de la contrainte sur les ressources pétrolières, il n’est pas sûr que nous puissions les éviter. Mais la prise de conscience, grâce à un prix du brut à près de 150 $/b en juillet 2008, est désormais générale. Il convient aujourd’hui de se mobiliser, en impliquant pays industrialisés et pays émergents. Investissement en recherche et développement, dans le secteur pétrolier amont, dans les nouvelles technologies automobiles sont des impératifs pour inventer un futur viable. L’innovation sera une des réponses à la crise actuelle.

Nathalie Alazard-Toux & Guy Maisonnier (IFP)

Manuscrit remis en décembre 2008


Le document complet se trouve ici : http://www.ifp.fr/content/download/67676/1470138/version/2/file/Panorama2009_04-Offre_demande_petrole.pdf


Et je vous invite à consulter l'ensemble du site de l'IFP http://www.ifpenergiesnouvelles.fr/axes-de-recherche/un-siecle-de-transition__1


Ainsi que celui de l'ASPO qui va un peu plus loin : http://aspofrance.org/